Ah, quelle plaie !

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Vous connaissez l’expression, c’est ce qui se dit de quelqu’un de pénible, insupportable ou qui vous colle aux talons comme votre ombre…
Ce peut-être tout autant un fléau, une calamité qui s’abat sur vous ou une contrée, un indésirable dont on ne peut se défaire et qui porte préjudice.En première définition, une plaie est bien sûr une ouverture dans les chairs, les tissus. C’est en 1080 que ce terme est apparu, et le latin  » plaga  » donna usuellement blessure, plaie.
Loin de moi l’ idée de vous parlez des plaies de l’âme ou des blessures au coeur ! Encore moins des lésions, entailles ou coupures des chairs occassionnant moults gravités et définissant dès lors des plaies profondes, béantes ou superficielles sur la partie du corps atteinte.

C’est le temps des dernières tailles fruitières au Prieuré avec les pruniers palmettes à la diable du labyrinthe.
Les arbres à noyaux tels les pruniers ont parmi leurs nombreux inconvénients, deux majeurs ; ne pas aimer les coupes de dimensions importantes et engendrer assez facilement du bois mort !

Coupe sur prunier.

Plaie importante sur prunier.

Plaie avant traitement.

Petites applications sur pommier.

Goudron protecteur à la base d'une coursonne de pommier.

Ainsi lors de la taille d’avril, il n’est pas rare d’utiliser la scie pour éliminer une partie indésirable ou morte. Conséquence de ces interventions , une coupe parfois de diamètre non négligeable et  donc une plaie flagrante.
Pour les arbres comme pour nous, une plaie est bien évidemment une porte pour une foule de vecteurs pathologiques  extérieurs et assurément un danger. Pour les végétaux ce sont les insectes, champignons,virus…

Bien qu’il y ait une école contre..!  j’opte pour une protection de ces zones afin de mettre le maximum de sécurité pour l’avenir des arbres. Dans un premier temps il faut si nécessaire  » parer  » la plaie. Au sens littéral, parer veut dire apprêter, préparer, arranger ou orner dans l’intention de donner une belle apparence.
Ce terme est aussi utiliser dans le jargon du monde médical lors du nettoyage d’une plaie avant suturation par exemple.
Autrement dit, chez le végétal avec la serpette on découpe proprement les contours de la plaie, on cherche tant que possible les tissus sains, on reprend la plaie si la coupe ( l’angle par exemple ) n’est pas satisfaisante.

Ceci fait, ensuite  avec un couteau de vitrier ( spatule ! ) ou un pinceau on applique un mastic de cicatrisation sur toute la plaie.
Produit naturel issu du monde végétal et vendu sous différentes appellations ( Goudron de Norvège, Goudron de Pin, Mastic anti-chancre ) , ces produits ont un effet protecteur fermant l’accès à la plaie pour les contaminations et les intempéries.
Ce cicatrisant pour les plaies des arbres, des arbustes et de la vigne, qu’elles soient artificielles ( en raison de la taille effectuée par l’homme ) ou naturelles ( blessures occassionnées par les Cervidés ou les rongeurs par exemple ) peut se trouver sous forme de  » spray  » ; à tester par vos soins et à renouveller selon vos critiques et appréciations!
Même si les arbres à noyaux restent des végétaux très sensibles aux interventions de tailles, les plaies sur les arbres fruitiers à pépins méritent tout autant et peuvent très avantageusement recevoir le même traitement, eux aussi ont leurs problèmes…

Mastic chaud coulant.

Petite plaie sur le pommier.

Les méfaits du chancre

Pour ou contre la protection des plaies, il y a deux écoles à priori comme je disais précédemment.
Je n’ai pas compétence pour édicter une vérité absolue et une règle obligatoire, mais il me parait objectif que ce type de soin aux arbres soit positif ? Pour certains arbres… les représentants du monde végétal forestier ne recoivent aucune attention particulière , quand est-il alors? Naturellement les arbres subissent des mutilations, des blessures accidentelles… personne dès lors pour les aider avec des soins pour accompagner ce stress. Quand est-il alors ? Les plus résistants passeraient-ils au travers des avatars de tels accidents et les plus faibles à la trappe ?
Ce type de goudron protecteur semble exister depuis le milieu du 19ième, pourquoi s’en priver aujourd’hui!  Tout le monde désormais accepte la ceinture de sécurité, alors que nous avons fait sans pendant beaucoup d’années…!

Toute proportion gardée, par analogie avec les soins prodigués suite à des blessures sur le corps humain, il semble logique… de prendre en considération avec la plus haute attention les plaies occassionnées sur les végétaux au jardin. C’est un lieu aux règles particulières.
Enfin, par simple expérience et observation, les coupes et plaies livrées à elles-mêmes sans secours offrent plus souvent un sale visage et une bien mauvaise fermeture avec le temps engendrant assez souvent des complications.
Un arbre fruitier, un végétal en général est un être vivant ( différent de nous humain certes, mais bien vivant ! ) , c’est un investissement à long terme et toujours un événement lors de la plantation au jardin.
Pourquoi prendre le risque d’abréger sa vie et de fait sa compagnie par une négligence de bienveillance à son égard. Il a déjà tant à faire naturellement avec ce qui lui tombe du ciel au quotidien…
Qui laisserait son chat, son chien ou son cheval avec un facteur risque aussi conséquent pouvant compromettre son existence?
Alors, goudron or not goudron?