Cap sur Babylonstoren and the Argus Cape Tour

Connaissant ma réticence et mon approche critique pour de nombreux domaines  » extras lucides » tel le monde des ondes…, pour Noël des amis charmants m’ont offert un pendule!
Soit, dès le lendemain je jouais au professeur Tournesol et à ma grande surprise un phénomène incroyable se produisit. Loin de produire à l’aplomb le mouvement circulaire senestrum ou dextorsum attendu, le pendule pointait inlassablement à l’horizontale vers… le sud ?Quelques semaines plus tard je marchais sur les terres d’Afrique du Sud, le pendule avait vu juste!
Lisl, le chef-jardinier de Babylonstoren était venue me rendre visite courant de l’été passé, à mon tour de venir découvrir son jardin et la pratique du jardinage à l’extrème sud du continent Africain.

Kirstenbosch en appui de la montagne

Avant cela, la visite d’un jardin important à Cape Town était au programme, celui de Kirstenbosch. C’est un fabuleux jardin botanique accroché au versant de le Montagne de la Table, âgé de plusieurs dizaines d’années il offre de magnifiques arbres aux tailles imposantes.

Tronc de figuier

L’allée des Camphriers dès le début ne peut laisser indifférent! Tentaculaires, hauts et gros de diamètre chaque visiteur doit certainement ressentir une sensation de petitesse sous la voûte de ces éléphants chlorophylliens.

La célèbre allée des Camphriers à Kirstenbosch

Trois ou quatre heures sont insuffisantes pour appréhender toute la richesse végétale présente dans ce jardin, mais certaines plantes sont des repères incontournables. Tout d’abord la fleur emblème du Cap, celle qui est produite par le genre Protea. Un grand nombre d’espèces permet d’avoir des dimensions de port, de feuilles et de fleurs extrémement diverses.

Fleur de Protée

Fleur de protée

La couleur des fleurs et des fruits est tout autant varié; bref on ne s’ennuit pas avec ce genre.
Mais aussi comment ne pas parler des Cycaps, plantes préhistoriques aux allures de fougères. Là aussi plusieurs espèces sont en culture.

Bosquet de Cycaps à Kirstenbosch

Tant et tant d’autres végétaux endémiques à cette région que ces quelques heures sont bien légéres devant cette abondance végétale.

Kirstenbosch et ses merveilles

Direction The Paarl , Stellenbosch,  » La Vallée des Français » pour Babylonstoren…  » La Tour de Babel ». La région est sous la dominance des vignobles et des vergers, Babylonstoren se trouve au creux d’une vallée encadrée par de somptueux massifs montagneux comme le Simon’s Berg.
Cette ferme existante depuis le 18ième siècle présente de nombreux bâtiments d’exploitation , et commun à ces bâtiments un complexe hôtellier/restauration,  le jardin âgé de deux ans.

Porche d'entrée de Babylonstoren

Un festival d’agrumes, d’arbres fruitiers de toutes espèces et sous toutes formes! Soyons justes, pour certains c’est zone inconnue, comme l’arbre à tomates ou l’arbustes aux oeufs?
Je retrouve mes repères avec les arbres à pépins et à noyaux. De longs alignements de U simples en poiriers et des cordons verticaux ou horizontaux de cognassiers délimitent les clos pour le potager.
Les pommiers sont aussi présent en cordons horizontaux superposés. Des formes libres sont aussi présentes.
Mais le plus  » bluffant » c’est la présentation des arbres à noyaux qui semblent être au paradis dans cette région. Palmette oblique un étage, palmette oblique trois étages, palmette horizontale quatre étages, formes rarement observables dans tous les jardins. Des formes plus libres ( fuseau, table ..) sont en cours de construction.

Palmette oblique un étage de prunier

Palmette horizontale quatre étages de pêcher

Plaqueminier avec une mozaïque à ses pieds

Oreilles de Mickey ?

A priori l’ennemi principal pour ces fruitiers c’est la … vigueur. La pousse est très forte et  » violente » aux dires des jardiniers! Tant et si bien que là ou dans mes manuels le jardinier necessite 4/5 ans pour la construction, en une saison  sous ce climat les arbres peuvent produire la même charpente. Beaucoup de questions dès lors pour suivre la construction « step by step » comme le protocole l’implique dans les manuels… les discutions ont été objectives et vives!
Prendre le temps et freiner la construction de ces formes reste donc pour autant une priorité, même un tigre peut -être  calmer et dompter! Mais gare à l’énergie et au temps nécessaire, avec aucun répit.
Les figuiers ne sont pas en reste dans leur présentation, et c’est comme sur une table ( peut-être en rappel de la Table Mountain ? ) incliné qu’ils s’étalent luxurieusement au soleil.

Figuiers palissés sur table

Babel et sa tour, celles de Babylonstoren sont couvertes avec des rosiers;  » Kifsgate »,  » New Dawn » ou  » Mme Alfred Carrière » par exemple qui fleurissent sur les toits pyramidaux.Les potagers offrent betteraves, salades, carottes, aubergines et autres légumes pour les restaurants. Pommes de terre et patates douces sont aussi en culture en ce moment. Petit rappel, tout pousse très vite!
Pour la récolte des radis, entre le semis et l’assiette; 7 jours!

Vue sur le potager

Haricots verts, carottes, choux...

Une promenade ombragée sauvage le long d’un ruisseau permet de marcher parmi des centaines de clivias, la floraison était malheureusement passée.

Chemin de bois parmi les Clivias

L’étendue du jardin et la richesse, tant didactique que les techniques proposées demande aisément une journée de visite et d’y revenir plusieurs fois bien évidemment.
Ainsi avec Lisl et son équipe de quinze jardiniers quelle joie et leçons ai-je vécu pendant ces quelques jours à leur coté. Car si le jardin et le jardinage sont importants et étaient l’objectif, les rencontres humaines et l’échange culturel sont tout aussi vitaux. Merci à Lisl, Lara, Adriaan, Sive, Peter, Donavan, Wendel… ( et tous les autres) pour leur accueil, leur gentillesse le partage de leur quotidien et leur joie de vivre.

Lisl, Lara, Adriaan, Peter, Wendel, Donavan, Sive...et les autres

J’ai aussi eu la chance de visiter un jardin privé, personnel et intime dans la région de Wellington. Jenny et son mari m’ont agréablement reçu et ouvert les portes de leur domaine comprenant quelques ares de vignes et un somptueux jardin.
Grâce aux nombreux vieux arbres présents et de l’eau en suffisance, c’est un jardin d’ambiance anglaise avec d’innombrables plantes d’ombres que j’ai pu admirer.

Gunnera géant

Une collection superbe de sauges et de fougères, sans compter les lavatères, penstemons, anémones…
Un gazon adapté tondu à l’hélicoïdale avec les bordures tranchées, des rosiers dans chaque recoin du jardin font de ce lieu un monde à part et précieux.
Ce jardin est en pente allant de la maison vers les réservoirs d’irrigation, de surface modeste il est parfaitement à l’échelle humaine.
Je garderai longtemps en mémoire ce moment de longues discussions en terrasse, dominant le jardin, entrain de déguster du fromage et des figues tout en buvant un verre de pinot nois pétillant… Un bon moment de vie au jardin pour tous.

Plan du jardin de la Company's Garden

Eucalyptus au coeur de la Company's Garden

Comment sillonner Cape Town sans parcourir les jardins de la Company’s Garden. Sur le site du premier jardin conçu pour nourrir les futurs arrivants s’étend désormais un important jardin devenu parc public.
Très fréquenté, il offre des gazons pour le »sitting » et de formidables arbres âgés. Il est possible d’y admirer un très vieil arbre fruitier originaire du premier jardin. Un poirier plus que centenaire qui généreusement produit toujours des fruits certaines années.
Enfin pour clôturer ce séjour quelle chance et quel bonheur d’être au départ de l’Argus Cape Tour.
Pas de course à pied cette fois-ci mais un petit tour de vélo. Partant de Cape Town et longeant l’Océan Indien , puis après avois coupé la péninsule au niveau de Simon’s Town et remonté l’Océan Atlantique ce fut l’arrivée à nouveau à cape Town au pied du stade de la Coupe du Monde. Un ciel bleu , un vent absent ce fut une matinée hors normes, dommage que les pinguins et les babouins n’étaient pas au rendez-vous !

... le long de l'Océan Indien

Arrivée au stade

Près de 35000 vélos pour ce «  Great event »; cyclistes d’élites tel Armstrong pour  le chrono, cyclistes du dimanche pour le paysage comme moi, cyclistes du coeur pour une oeuvre de charité comme les engagés de l’association  » Sabrina Love« . Tout le monde trouve sa place le long des routes de la péninsule.

La pendule tourne et marque le temps qui passe… il est l’heure de quitter l’Afrique!
Cap au nord.