Le Jardin des plantes de Montpellier

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Vacances jardinage avec la visite du Jardin des Plantes… comment l’éviter ?
Le Jardin des Plantes de la ville de Montpellier et de la Faculté de Médecine a près de quatre siècles d’existence. Ce jardin met en commun un objectif cher à la ville et à la faculté : la connaissance. Connaissance et sauvegarde du vivant : l’être humain pour la médecine et le végétal pour le jardin.
Dès le Moyen-Age, Montpellier est une ville commerçante importante, l’enseignement médical s’y développe tout autant. Parmi les enseignants, Gui de Chauliac et Arnaud de Villeneuve furent des précurseurs.
Michel de Notre Dame et Rabelais sont des élèves notables, tous s’intéressent à la botanique.
Guillaume de Rondelet, fondateur de la botanique scientifique officialise l’herborisation en 1550. Rondelet est le fils d’un « Aromatarius », soit un vendeur d’épices. De son temps apparaît un humble « hortulus » attenant à l’Université de Médecine.
L’idée de créer à Montpellier un « Jardin Royal » pour épauler l’enseignement des plantes aux futurs médecins et apothicaires est né dans l’esprit d’un médecin : Pierre Richer.
En 1622, suite au siège de Montpellier, le « Jardin médical » de Richer est détruit. Cette destruction entraina la construction d’un second jardin royal, mais à Paris : l’actuel Jardin des Plantes.
Richer consacra sa vie et sa fortune pour relever et réhabiliter le Jardin des Plantes de Montpellier. La gloire lui revient indirectement, car Montpellier sera la capitale de la Botanique au XVIIe et XVIIIe siècles.
Au fil du temps, d’éminents médecins-naturalistes comme Pierre Magnol, ou des correspondants de Linné viennent au Jardin des Plantes. Ils perfectionnent leurs connaissances lors d’un séjour à Montpellier.
« Véritable prouesse technique par la savante utilisation de l’ombre et du soleil, le jardin devint bientôt un paradis pour l’esprit humaniste, illustré par des maîtres aussi habiles en médecine qu’en botanique ou en anatomie. Il est le rendez-vous donné par les vénérés maîtres, tant aux étudiants qu’aux curieux, durant lequel, parfois en compagnie de jardiniers, ils parcourent les allées à la découverte des plantes utiles ou curieuses. On y devise autant que l’on enseigne. On y expérimente autant que l’on observe, et cette tradition demeure pendant tout le XVIIIe siècle durant lequel le Jardin Royal est le théâtre d’un enseignement public« . Extrait de la plaquette éditée par le Jardin des Plantes.
Puis, dès la fin du XVIIIe siècle, le jardin connut des hauts et… des bas ! Une orangerie en 1804, des augmentations de superficie en 1808 et 1851. Avec désormais 4,6 ha, le jardin peut voir le nombre d’espèces en son sein augmenter notablement.
La municipalité de Montpellier fait don du jardin à la Faculté de Médecine et le jardin est ouvert au public en 1841. Ce jardin est classé Site Protégé en 1984 et Monument Historique en 1992.
De tous ces épisodes, Montpellier conserve différents herbiers provenant de dons et legs. L’herbier des médecins commencé au XVIIe siècle est le départ d’une collection de quatre millions d’échantillons de végétaux. Des collections iconographiques sans prix accompagnent ces herbiers.
Comme tout jardin botanique, le Jardin des Plantes de Montpellier correspond actuellement avec 700 autres établissements similaires pour des échanges de graines.
Situé à l’angle du Boulevard Henri IV et de la rue Auguste Broussonnet, le Jardin des Plantes est un poumon vert pour l’agrément de tous et une collection botanique de 2000 espèces végétales. Sans oublier des constructions comme la plus ancienne coupole astronomique de Montpellier, les vestiges d’une noria, le monument de Rabelais… des serres comme la serre Martins qui fait l’objet actuellement d’une importante restauration.

La serre Martins

Un jardin botanique est un lieu pédagogique, tous les végétaux sont étiquetés pour une bonne identification auprès des étudiants. De nombreuses visites sont organisées ainsi que des stages vers des professions agricoles et paysagères.
130 000 visiteurs viennent chaque année parcourir les allées du Jardin des Plantes : se promener, lire, apprendre ou discuter sous les arbres… chacun trouve  sa vie dans un tel zoo végétal.
Ce qui est formidable avec le jardin botanique c’est la richesse des genres, ceci permet de voir des essences exotiques. Diversité également avec le monde des fruits, des fleurs, des écorces… une véritable encyclopédie ! Parallèlement à cela, c’est un lieu tout indiqué pour observer des arbres remarquables.

Le ton est donné dès l’entrée avec un  Micocoulier éléphantesque (Celtis australis), son tronc et son houppier en imposent et forcent le respect.

Celtis australis

Non loin, des végétaux préhistoriques ou « plantes fossiles » me rappellent que l’Homme est bien jeune sur la planète. La taille de ce groupe de Cycas enroulé (Cycas revoluta) est également remarquable.

Cycas revoluta

Certaines parties du jardin sont d’ordonnance agencée et moins didactique. En témoigne ce petit coin de « Jardin à la Française », soigneusement taillé ce qui rend hommage au sérieux du travail des jardiniers.

Ambiance à la française!

Commun dans le sud, l’Olivier (Oleum europaeum) est représenté dans le jardin avec un sujet digne d’un monument ligneux !

Oleum europaeum

Le Liquidambar (Liquidambar orientalis) est un genre utilisé dans nos régions comme arbre d’ornement, avec une autre espèce toutefois.

Le nom est sur l'écorce!!!

Venant du Mississipi et là aussi d’une allure digne d’être dans « Le Seigneur des Anneaux », je suis très intrigué par l’Oranger des Osages (Maclura pomifera). Les Indiens utilisaient le bois de cet arbre pour fabriquer des arcs, la sève devenait une peinture pour le visage.

Maclura pomifera

Le fruit de cet arbre est formidablement bizarre, une orange au relief cérébral ! Je ne connais pas l’état de ce fruit à maturité, change t’il de couleur ?

Fruit de L'Oranger de Osages

Le Jasmin du Chili  (Mandevilla laxa) ne fait pas dans le détail concernant la taille des fleurs ! De quoi rêver pour couvrir une tonnelle ou une pergola… l’odeur des fleurs est à la hauteur de la taille des fleurs.

Mandevila laxa

Comme tout jardin botanique qui se respecte, celui de Montpellier propose des pièces d’eau. Non loin de l’ancestrale coupole astronomique une mare est recouverte de lotus (Nelumbo nucifera).

Nelumbo nucifera

Fleurs étonnantes, symbole de sagesse pour certains peuples, le fruit sorte de poivrière géante est tout aussi remarquable.

Fruit du lotus

Des nénuphars plus discrets partagent cette pièce d’eau.

Cherchez la tortue?

Anodin dans le centre de la France, le Cyprès commun (Cupressus sempervirens) est largement présent dans le sud. Caractéristique en plantation d’alignement, sa hauteur est souvent importante. Son écorce aux stries sérrées et d’aspect lisse est très visuelle.

Cupressus sempervirens

Voici maintenant le joyau du Jardin Botanique ! Un bijou et un vieillard car c’est le plus ancien du domaine. Un Filaire à large feuille (Filaria latifolai) trône dans une allée du jardin. Près de lui, des visiteurs assis rédigent des petits mots et les glissent dans les anfractuosités de son tronc particulièrement noueux et tortueux.

Filaria latifolia
De la même famille que l’Olivier, le Filaire à larges feuilles est connu sous le nom d’arbre à messages.

Arbre boîte à lettres

Son tronc creusé de géodes sert de  »boîte aux amoureux » et « d’arbre à souhaits ». Avec près de 10 mètres il fait partie des arbres les plus célèbres de France.
Près de la noria, de nombreux cactus sont cultivés. L’Opuntia à petites épines (Opuntia microdasys) à une allure familière et semble presque… agréable au toucher !

Opuntia microdasys

D’autres à proximité rappellent une vieille maxime : « qui s’y frotte s’y pique » !
Nous connaissons tous l’Agave d’Amérique (Agava americana), l’allure de cette plante est toujours spectaculaire.


Césalpinier du Docteur Gillies (Cesalpinia gilliesii), Grenadier nain (Punica granatum), Podocarpus à grandes feuilles (Podocarpus macrophyllus), Pin parasol (Pinus pinea) et tant d’autres encore tout au long des allées…

Pinus pinea

Visiter un jardin botanique est pour moi un réel dépaysement et un vrai moment d’apprentissage. Ce type de jardin est loin de mon jardin aux haies taillées et sculptées, loin de mes rosiers grimpants maîtrisés et domptés, loin de mes symboles cachés dans chaque recoin d’Orsan.
Le sectarisme est une trappe et un enlisement assuré pour tout homme, dans quelques domaines envisagés… le jardinage n’y échappe pas ! Chers ami(e)s jardinier(e)s, n’ayez pas d’œillières qui contraignent à regarder bêtement le bout de son nez.
S’il faut bien sûr regarder obligatoirement devant pour avancer, observer à votre droite comme à votre gauche, en haut comme en bas et s’il le faut en arrière… En matière de jardinage soyez discursifs…
Si votre route passe par Montpellier, faites une halte au jardin Botanique, ça sent bon la lavande et le romaring.