Poires et cerises

Catégories :Botanique, PotagerMots-clefs : , , , , , , ,

Ce sont les très connus fruits du poirier et du cerisier mais aussi les noms de tomates aux allures proches de ces fruits. De plus, ces tomates poires ou cerises sont disponibles en jaune ou rouge.
Attention, tomates agressives !

Le parc à tomates de ce printemps a bien changé d’allure, c’est une jungle qu’il faut tailler deux fois par semaine pour tenter de maîtriser ces tomates.

Parc à tomates en juillet

Les plus virulentes sont justement les variétés dites poires et cerises, comparables aux formes initiales de tomates botaniques elles produisent une abondante végétation.

Des débuts difficiles

Et pourtant, la vie ne fut pas toujours facile pour la tomate : lorsqu’elle débarque en Europe au XVIe siècle, elle est accueillie d’un mauvais œil !
Pietro Andrea Mattioli, un médecin botaniste lui fait côtoyer une autre Solanacée sulfureuse (car supposée magique !) : la mandragore. Il est vrai que la famille en question tient dans ses rangs de nombreuses représentantes toxiques telles la jusquiame, la belladone et la douce-amère… et qu’il est fortement déconseillé de consommer des pommes de terre ayant verdi (présence de solanine).
De plus, elle vient de pays lointains, doublée d’une parure aux couleurs vives à tel point que la tomate est nommée « pomme d’or ». Trop s’est trop ! la suspicion est installée à l’égard de la tomate. Son sort en est jeté et la tomate est décrétée par « l’élite scientifique » de ces temps comme non comestible.

Tout fini par s’arranger et ce délicieux légume fruit connaît enfin la gloire et une place majeure dans l’alimentation des hommes.
Comme le haricot, la pomme de terre et le piment, la tomate vient d’Amérique du sud et très exactement des Andes. Les Conquistador la rapportent en Espagne puis elle échoit à Naples qui était à cette époque sous occupation Espagnole. Depuis cette ville, elle remonte l’Italie et arrive en Provence. Elle atteint Paris seulement vers la fin du XVIIIe siècle où elle connait une grande popularité grâce aux fédérés marseillais de la Révolution.

Un peu de botanique

La tomate sauvage n’est ni plus ni moins que de la forme et de la taille d’une cerise ! Les formes cultivées et domestiquées sont probablement issues de Solanum lycopersicum var cerasiformae des Andes péruviennes.

Tomate cerises

La nature propose une douzaine d’espèces sauvages dont dix sont présentes dans le nord-ouest de l’Amérique du Sud. Deux espèces sont la source alimentaire principale des tortues des Galapagos, ces tomates sont endémiques à ces îles. Si toutes les espèces sont vitales et précieuses pour perfectionner par hybridation la tomate cultivée, seules deux sont comestibles : la tomate cerise et la tomate groseille. Les autres sont intéressantes pour les gènes de résistance qu’elles possèdent.

Palisser les tomates

Il est tout à fait possible de jouer avec les tomates et de produire des formes comme les fruitiers palissés. Palmettes et cordons de tomates peuvent ainsi egayer les murs et les structures de bois.

Allongements non palissés

Allongements palissés

Les tomates « poires et cerises » ont une végétation souple et elles sont idéales pour couvrir les tablettes basses d’Orsan. La tomate « Cœur de bœuf » se prête également fort bien, par contre les variétés fortes et cassantes sont mieux pour les palissages géométriques et rigides.

Allongement cassé et en phase de se ressouder

Ceci dit… dans un souci d’expérimentation, quelques plants ont été plantés parmi les tomates lianes cerises et poires.

D’une force incroyable, ces tomates sont capables de cicatriser et de se ressouder aux emplacements des cassures éventuelles résultant d’un manque de souplesse pour répondre au palissage demandé.

Soudure réalisée sur un allongement

Tailler les tomates

La tomate développe la fâcheuse habitude de confirmer la maxime tant connue « chassez la nature et elle revient au galop » ! C’est à dire que sitôt plantée et sans suivi approprié elle prend son port naturel et sauvage de buisson. A chaque aisselle de feuille il se développe une pousse communément appelé gourmand qui à son tour développera des départs…

Gourmand naissant à l'aisselle

Pour contrer cette envie naturelle, ces pousses sont supprimées au fur et à mesure de leurs naissances. Ces pousses sont habituellement appelées « gourmands ».

Gourmand supprimé

Retenez que chacun de ces gourmands peut devenir à la guise du jardinier une charpentière pour structurer la tomate. C’est ainsi que de nombreux jardiniers élèvent des tomates avec deux mâts principaux dès la base.
S’il advenait que l’allongement principal disparaisse pour quelconques raisons, c’est sans problème que le gourmand le mieux placé peut à son tour faire office de nouvelle charpentière.
A noter que pour une tomate conduite en cordon vertical sur tuteur, il est techniquement idéal de couper à deux feuilles au dessus du bouquet de fleurs. La pousse qui se déclenche à ce niveau permet l’accroissement du cordon et, dès l’apparition du bouquet suivant, il faut réitérer une taille comme précédemment… Cette coupe, comme dans certaines conditions chez lez fruitiers, renforce le bouquet et assure un plein développement.

Traitement au cuivre

Un ennemi redoutable

La tomate a un ennemi redoutable qu’elle partage avec la pomme de terre, un champignon bien connu sous le nom de mildiou. Ce champignon s’attaque aux fruits et aux tiges : comment lutter ?
L’idéal est un bon espacement des plants pour que l’air circule ou si possible la mise en place une protection avec des housses. Enfin il y a la bonne vieille bouillie bordelaise, qu’il faut appliquer aussi souvent que nécessaire, vous pouvez aussi tendre vers l’association dite de bonne entente.
Entre les rangs des tomates des œillets d’Inde et des capucines semblent pouvoir limiter le mildiou. Le basilic, l’ail, le persil et les oignons sont tout autant de bons camarades de plantation. Des feuilles de consoude déposées entre les rangs favoriseraient la formation de fruits sains.
Vos tomates aimerons par dessus tout un sol léger riche en humus et bien préparé par le bêchage… sans oublier un arrosage régulier dès l’été.