Ah, les gourmands !

Catégories :RosiersMots-clefs : , , ,

A la vue des fruits du fraisier Maxim, de nombreux spectateurs pourraient se laisser aller à la tentation et succomber à la gourmandise. Loin de moi l’idée de faire un article sur les gourmands… je serai dans l’obligation de me citer en premier !
Je veux vous parler des gourmands chlorophylliens, qui agissent hors des concepts de vice ou de vertu mais sous la règle de la vitalité. Il me semble avoir déjà traité ce sujet dans un article précédent mais dans le cas des fruitiers. Aujourd’hui, c’est plus particulièrement autour des rosiers du Jardin de Marie que je veux aborder le problème du gourmand.
Dans l’esprit de nombre d’entre vous, un gourmand est un long et fort rejet du rosier. Il y a du vrai dans cette définition… et malheureusement aussi du faux !
Un vrai gourmand chez nos chers rosiers est un rejet émis par le porte greffe. Ainsi, selon le niveau du point de greffe le gourmand peut prendre naissance à différentes hauteurs.

Gourmand sur tronc

Dans le cas des rosiers tiges Iceberg le gourmand jaillit parfois sur le tronc même. En effet, Rosa canina le porte greffe donne tout autant les racines et le tronc, la variété étant greffée à mi-hauteur.

Coupe sur empattement

Pour ce type de gourmand seule la taille sur empattement avec la serpette peut donner de bons résultats. Attention, le moindre millimètre de gourmand conservé donnera de nouvelles apparitions du porte greffe !

Rejet éborgné

Gourmand sur racine

Il arrive fréquemment, toujours dans le cas où la Rose des chiens est le porte greffe, que les gourmands apparaissent par les racines. Ce rosier botanique ayant par nature une aptitude à se propager de cette façon.
Surtout, dans ce cas, pas de taille au niveau du sol avec le sécateur : c’est le renforcement assuré du rejet !

Elimination rejet avec la pelle

Il faut pratiquer une suppression radicale de « la racine folle » avec la pelle bêche.

Drageon de rosier

Après « Qu’est ce qu’un gourmand ? », comment « Reconnaître un gourmand ? ».
Retenez en premier qu’il apparaît immanquablement en dessous du point de greffe.
Remarquez une vigueur prononcée en comparaison du développement habituel des allongements de votre rosier.
Observez une couleur des feuilles très différente de celles qui composent votre rosier chéri.
Comptez le nombre de folioles des feuilles et celui de votre variété en culture, parfois les folioles du gourmand sont plus nombreuses !
Admirez les fleurs de cette pousse éclair et reconnaissez… l’églantier dans toute sa splendeur.

Que se passe-t-il si vous laissez les gourmands se développer ? Ils finiront par tuer la variété greffée et que aviez avant tout désirée. Comment ? En lui coupant l’herbe sous les pieds, plus exactement en lui coupant les vivres. Se servant les premiers en sève et très boulimiques ils capteront bientôt tous les éléments nutritifs avant le greffon situé après.
Parfois, une apparition massive et inconditionnelle de rejets gourmands sont le signe fatal d’une greffe mal assurée. Il y a peu de solution dans ce cas, la variété en place est trop faiblement prise et l’harmonie entre le haut et le bas  greffon et porte greffe) est détruite, c’est la mort prématurée du rosier écussonné.